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« Le mot Tanka signifie poème court. Il se compose de cinq vers alternés de 5, 7, 5, 7, 7 syllabes, soit un tout de 31 syllabes. Ceci est sa particularité… Cette forme est faite pour exprimer ce sentiment momentané mais qui peut être profond, philosophique ou douloureux… Les mots qui composent le poème doivent être musicaux… » Pour la composition de tanka, nous nous référons à
Fujiwara no Teika (1162-1241) qui prônait la réintroduction du lyrisme
dans la poésie. Selon lui, « Sens et expression seraient comme les
deux ailes d’un oiseau. » De sorte qu’un des principes forts du
tanka réside dans la juxtaposition de deux éléments : d’une
part, la réalité du monde dans lequel nous vivons, attentifs à Maxianne Berger, poète de tanka contemporaine, précise :
« Traditionnellement, le tanka est plus personnel que le haïku :
outre la nature, on considère davantage le sentiment, l’état et le statut
du poète, les soucis du cœur humain – l’amour, la mort, l’existence
dans l’immensité de l’univers. Pour la partie Nature, la description est plus précise,
concrète – portant sur ce que l’on peut percevoir. Pour la partie
Soucis, le texte est plus abstrait, émotif, sentimental – portant sur ce
que l’on ressent intérieurement. » De fait, écrire cinq vers de 31 syllabes ne suffit
pas. La forme et le style ont leur importance, mais plus encore le sens, comme
le soulignait Teika. Écrire du tanka, c’est apprendre à se servir des
résonances, des allitérations; c’est donner une « couleur »
au poème. Maxianne Berger ajoute que c’est « la juxtaposition
d’une image concrète ou d’une action qui amène le lecteur vers l’abstraction
d’un sentiment qui l’éclaire quant à la préoccupation du poète…
Le poème, empruntant une syntaxe sans grammaire obligatoire, se compose de
fragments, même disparates, d’images et de sentiments. Le troisième ou
le quatrième vers peut fonctionner comme pivot, unissant, de façon
elliptique, ce qui précède à ce qui suit. Le tout réussit à suggérer
une épiphanie de la nature humaine, à synthétiser une vérité qu’on
peut sentir sans nécessairement la saisir. » La modernisation du tanka, nous la devons notamment
à une femme, Machi Tawara; pour elle, ce poème est lié à la vigueur de
l’instant, en y insufflant une sensibilité en phase avec la modernité
urbaine. Elle a dit de sa poésie : « À travers un rythme régulier,
les mots commencent à s’ébattre pleins de vie, à répandre un éclat
énigmatique. C’est ce moment que j’aime. » C’est à partir de ces principes que le Comité de sélection des poèmes de notre revue détermine ses choix.
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